Intervention commotions cérébrales

1/02/2018
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Mercredi soir dernier, au Centre de Formation du Stade Niortais, nos joueurs Séniors, le staff ainsi que les entraîneurs du Pôle Jeunes ont assisté à une intervention sur les commotions cérébrales au rugby.


Point sur les CC :

Intervenants depuis cette saison sportive auprès du groupe Séniors au sein du staff médical, les Docteurs ; Cédric TOUQUET et Nicolas ROLLAND, du service de consultation de traumatologie et médecine du sport au Contre Hospitalier de Niort, ont réalisé une soirée d'information sur la Commotion Cérébrale lors de la pratique du rugby.

Une commotion cérébrale est un trouble soudain et rapidement résolutif du fonctionnement du cerveau secondaire à un traumatisme crânien ou à tout impact à un autre endroit du corps transmettant à l'encéphale des contraintes d'inertie importantes.

Une commotion cérébrale n'entraîne pas obligatoirement de perte de connaissance, le diagnostic d'une commotion est porté sur la constatation des symptômes suivants, chacun ayant la même valeur et pouvant survenir isolément ou en association :

  • perte de connaissance,
  • amnésie rétrograde (perte du souvenir des faits précédant immédiatement le traumatisme),
  • amnésie antérograde (amnésie post-traumatique des faits suivants immédiatement le traumatisme),
  • obnubilation,
  • crise d'épilepsie,
  • troubles de l'équilibre

La commotion cérébrale diminue les performances du joueur pendant au moins quelques heures, augmentant son risque de nouvelles blessures. Elle a un effet cumulatif sur le dysfonctionnement cérébral si elle se répète dans les 48 premières heures au moins, avec potentiellement des conséquences graves, voire vitale, chez l'enfant et l'adolescent (le syndrome du deuxième impact). Les commotions cérébrales répétées sont susceptibles d'augmenter à long terme le risque de survenue de maladies neurodégénératives.

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Le Dr Rolland a tout d'abord évoqué l'état des lieux réalisé par la FFR la saison dernière, à savoir 1900 suspicions de commotions cérébrales qui ont été détectées, dont 1820 dans le monde amateur. Tous les acteurs de ce sport étant désormais de plus en plus sensibilisé à ce traumatisme, les staffs sportifs et les arbitres savent désormais les démarches à tenir envers de tels chocs crâniens :

  • Sortie définitive du terrain pour le joueur,
  • Signalisation de la suspicion par une fiche de renseignement transmise à un médecin référent sur le Comité en question
  • Repos obligatoire du joueur
  • Suivi médical avant reprise de toute activité sportive

Toute suspicion de commotion cérébrale impose de sortir immédiatement et définitivement le joueur du terrain pour le match en cours. La recherche d'un traumatisme du rachis cervical associé est systématique. Au moindre doute, le joueur doit être transféré vers une structure hospitalière pour avis spécialisé.

A ce propos, PAS DE POSITION LATERALE DE SECURITE en cas de Commotion Cérébrale si le joueur est conscient ! Mais maintient du rachis cervical jusqu'à ce que soit évacué la possibilité d'un traumatisme du rachis cervical.

Depuis le 8 septembre maintenant, un nouveau carton apparaît sur le bord des terrains amateurs : le carton bleu. Expérimenté en Fédérale 1 (plus haut niveau chez les amateurs) et en Top 8 (l'élite féminine) il entraîne l'exclusion d'un joueur ou d'une joueuse en cas de suspicion de commotion cérébrale. Le sportif est alors au repos forcé pour une durée minimale de dix jours mais qui peut atteindre plusieurs mois. Seule une attestation signée d'un médecin peut permettre au joueur de rechausser les crampons.

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Le Docteur Touquet a ensuite exposé les protocoles avant un retour au jeu. Une consultation spécialisée doit être réalisée après un délai de 48h de repos complet afin d'établir les critères de retour au jeu qui doit se faire par paliers successifs de 24h, en s'assurant de l'absence de tout symptôme entre chaque palier :

  • Palier 1 : Repos physique et intellectuel complet
  • Palier 2 : travail aérobie doux (vélo, piscine, marche).
  • Palier 3 : entraînement physique normal.
  • Palier 4 : entraînement sans contact.
  • Palier 5 : entraînement avec contact
  • Palier 6 : retour à la compétition

Lorsque le joueur est arrivé au palier 4 sans symptôme, une nouvelle consultation spécialisée dite « de retour au jeu » est programmée dans un délai variable selon la gravité de la commotion évaluée lors de la consultation à 48H par la classification de Cantu, afin d'autoriser la reprise :

  • Grade 1 :(pas de perte de connaissance, amnésie ou symptomatologie durant moins de 30 min): pas de délai particulier
  • Grade 2 : (perte de connaissance de moins d'une minute, amnésie ou symptômes de plus de 30 min mais de moins de 24h) : délai d'une semaine
  • Grade 3 : (perte de connaissance de plus d'une minute ou amnésie supérieure à 24h, symptômes présents encore à 7 jours) : délai de deux semaines
  • Chez l'enfant et le jeune adulte (jusqu'à U 20), ou en cas de deuxième commotion dans les douze derniers mois (quelque soit le grade) : délai de trois semaines
  • A partir de la troisième commotion en 12 mois: délai de trois mois et reprise après expertise

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Pour conclure, depuis plusieurs saison la FFR, les Comité territoriaux et les clubs ont pleinement pris en compte l'importance, pour l'intégrité physique du joueur, d'une prise en charge immédiate de toute suspicion de Commotion Cérébrale.
Nos éducateurs, entraîneurs, dirigeants, arbitres et joueurs sont sensibilisés aux symptômes et aux conduites à tenir.

 

Merci aux Docteurs Touquet et Rolland de leur intervention, et aux joueurs de leurs questions autour de ce sujet, souvent d'actualité de part la mise en lumière en TOP 14 et PRO D2.