Guy Longeau, centenaire !

22/06/2018
100 ans Guy

100 ans Guy

Guy Longeau, créateur de l’école de rugby du Stade Niortais, 100 ans depuis le 14 juin, a été honoré hier par ses amis au club house de Léonce-Espinassou.


Photo par La Nouvelle République

Jeudi, 15 heures tapantes. The place to be hier, c’était bien le club house du stade Espinassou devant quelques happy few. La surprise-party est lancée, et même si le Teppaz est en panne, la boum n’est pas à l’eau. Rosé frais, tarte aux pommes, cakes, petites envolées philosophiques bien dans le ton. Une dame amie, la mère de Jean-Pierre Martin, centenaire elle aussi (depuis mardi), entonne sans se faire prier un hymne très applaudi à la gloire du Stade Niortais, son club de toujours.

Pour rien au monde, nous n’aurions voulu manquer l’invitation surannée (des années qui s’ajoutent aux années) pour marquer l’anniversaire sepia de Guy Longeau. Cent ans depuis le 14 juin,vous vous rendez compte, un peu ? « Vous me faites plaisir et vous me tirez de la solitude, lance à l’assistance, d’une voix claire, le jubilaire. On ne doit jamais renier son passé, plutôt vivre agréablement avec les gens qui vous entourent. C’est ça, ma devise. »


Joël Griseau, 76 ans, évoque le déroulé de son existence. Linotypiste puis fonctionnaire au commissariat de police où il a dénoué les situations les plus diverses, improbables, voire désespérées... Joueur au Stade (25 ans), avant des trois lignes redoutable et respecté, il a versé ensuite dans l’arbitrage où le sifflet et le bâton de touche ne réglaient plus que la circulation. Et puis il a connu aussi Léonce Espinassou, dont le stade tire son nom. Le directeur du Printemps rue Ricard, spécialisé dans le textile, n’arrêtait pas de dire : « Et surtout, hein, essayez de ne pas déchirer vos maillots... »


« Après une longue année de réflexion, et avec l’aide de Jean Martin, j’ai créé l’école de rugby du Stade Niortais en 1959, se souvient-il. Ça me trottait dans la tête, je me réveillais la nuit avec des idées que j’allais coucher dans le salon sur un tableau . C’était après ma carrière de joueur qui a duré vingt-cinq ans et où je n’ai été récompensé que par une demi-paire de chaussures, une seule saison… Il m’a fallu payer la deuxième. Les gamins, ça m’a toujours préoccupé, j’ai pris mon bâton de pélerin pour que tout le monde puisse jouer sans problème, on a fait en quelque sorte du social bien avant l’heure. »


Ce qui nous marque chez Guy, c’est cette fine acceptation de l’existence. « Il y a plus d’épines que de roses dans la vie », observe t-il entre deux compliments, un ballon et des chaussures (la paire entière, cette fois) dédicacés. Il est vrai que son épouse, Marie, avec qui il a eu quatre enfants, est partie il y a 24 ans. Il a aussi perdu un fils en route, Jean-Paul.
Mais lorsqu’il regarde dans le rétroviseur, lui qui ne conduit plus que seulement depuis... un an, point d’amertume. Seulement cette réflexion : « Pourquoi la vie tourne aussi vite alors que rien ne nous pressait d’y arriver, à ces cent ans ? »
Et à la fin, Longeau, fils de longévité, qui marche moins bien, mais lit beaucoup plus, nous a fait cette confidence. « J’espère vous revoir l’année prochaine, mais j’ai déjà donné mes consignes si ce n’était pas le cas. Il y a une sélection d’articles que j’emmène là-haut pour lire si jamais je m’ennuyais. »
Nous sommes bien sûrs que le bonhomme solide comme un chêne aura le temps d’en compiler pas mal d’autres.
Santé, Guy !

Christian Bonnin, La Nouvelle République